L’Europe s’apprête à imposer des objectifs ambitieux : réduire de 10 % les déchets alimentaires dans l’industrie agroalimentaire d’ici 2030, par rapport à la période 2021-2023. Pour les entreprises du secteur, c’est un cap exigeant, mais essentiel. À Andenne, Puratos, entreprise bien implantée dans la région et active au niveau mondial, n’a pas attendu les nouvelles réglementations pour s’engager pleinement dans cette voie.
Un défi européen, un enjeu local
La nouvelle directive-cadre européenne sur les déchets vise à faire chuter de 10% le volume des déchets alimentaires — ces matières, comestibles ou non, qui finissent incinérées, compostées ou biométhanisées sans être valorisées dans la chaîne alimentaire. Pour le secteur agroalimentaire belge, cela représente environ 73 700 tonnes à éviter d’ici 2030. Ces objectifs, bien que nécessaires, posent de nombreux défis à l’industrie : la difficulté de réutiliser certains flux, les contradictions entre les objectifs environnementaux (valorisation énergétique vs. réduction des déchets), et la nécessité de mesurer précisément les pertes. Pourtant, certaines entreprises relèvent le défi avec rigueur, comme Puratos.
Un engagement stratégique chez Puratos
Au sein du groupe Puratos, dont l’une des filiales est installée à Andenne, la lutte contre le gaspillage alimentaire ne se limite pas à une opération technique. Elle est devenue une priorité stratégique. L’entreprise a mis en place une approche structurée à tous les niveaux : chaque étape du cycle de vie des produits est analysée, chaque phase a son responsable dédié, et les objectifs de réduction des pertes sont intégrés aux objectifs individuels des collaborateurs. Un Group Food Waste Manager supervise cette démarche, en s’appuyant sur des outils d’analyse avancés pour comprendre les causes des pertes, mais aussi anticiper les risques à travers un système de gestion baptisé stock-at-risk. Ce système a été développé pour anticiper les pertes de matières premières ou de produits finis, en repérant à temps les stocks qui risquent de ne pas être utilisés avant leur date limite.
L’humain au cœur de la démarche
Chez Puratos, la conviction est simple : pour agir efficacement, il faut impliquer toutes les équipes, et notamment les collaborateurs de terrain. Ce sont eux qui peuvent faire une réelle différence dans les processus de production. Cette philosophie a été partagée lors de plusieurs rencontres entre entreprises agroalimentaires, dans le cadre d’un réseau d’apprentissage organisé par Fevia Vlaanderen. À travers ces échanges, Puratos a rappelé que la réduction des pertes commence par des actions concrètes, faciles à mettre en œuvre, mais porteuses d’un vrai impact.
Une innovation continue, en collaboration avec les clients
Un des défis majeurs identifiés par Puratos concerne la montée en puissance des nouveaux produits. Passer de la R&D à la production industrielle peut entraîner des surplus, notamment lorsque les recettes sont sur-mesure et les volumes incertains. Pour y remédier, l’entreprise encourage une collaboration étroite entre les équipes R&D, la logistique et les clients, afin de limiter les surplus et mieux anticiper les besoins réels.
Une entreprise engagée, un territoire gagnant
Grâce à cette stratégie proactive, Puratos contribue pleinement aux efforts européens et régionaux pour une alimentation plus durable. L’exemple de cette entreprise démontre qu’il est possible d’allier performance économique, innovation et responsabilité environnementale — et ce, à l’échelle locale.
Sources de l’information :
- https://www.fevia.be/fr/actualites/10-de-dechets-alimentaires-en-moins-dici-2030-mission-possible (consulté le 10 juillet 2025)
- https://www.fevia.be/fr/actualites/reduire-les-pertes-alimentaires-du-champ-lassiette-4-projets-en-donnent-lexemple (consulté le 10 juillet 2025)

